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Les phares de Bretagne

Les phares de l’enfer, ceux qui se visitent, et où les voir depuis la terre : la plus forte concentration au monde.

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La mer d’Iroise, entre la pointe du Raz et Ouessant, a la plus forte concentration de phares au monde. Ce n’est pas une coquetterie : c’est l’un des passages les plus dangereux d’Europe, avec des courants de huit à dix nœuds dans le Fromveur, des cailloux affleurants et la houle d’Atlantique qui arrive sans rien pour l’arrêter.

Les gardiens classaient leurs affectations en trois catégories, et le classement dit tout. Le paradis, c’est un phare à terre, où la famille habite. Le purgatoire, c’est un phare sur une île habitée. L’enfer, c’est un phare bâti sur un rocher en pleine mer, où l’on reste des semaines et d’où l’on ne sort pas quand la mer est grosse.

Les phares de l’enfer

  • La Jument, dans le Fromveur, rendu célèbre par la photographie de Jean Guichard en 1989 : le gardien sur le seuil, la vague derrière lui.
  • Ar-Men, à l’extrémité de la chaussée de Sein, le plus redouté de tous : quatorze ans de chantier, de 1867 à 1881, avec sept jours de travail par an en moyenne, le reste du temps la mer l’interdisait. Son nom veut dire « la pierre » en breton.
  • Kéréon, entre Ouessant et Molène, surnommé le dernier « phare-monument » : mosaïque dans la cage d’escalier, parquet de chêne avec une rose des vents incrustée d’acajou et d’ébène, lambris de chêne de Hongrie. Amicie Lebaudy en finança plus de la moitié, et il porte le nom de son grand-oncle, officier de marine guillotiné en 1794.
  • La Vieille, dans le raz de Sein, et Tévennec, réputé hanté, que les gardiens quittaient avant terme.

Aucun ne se visite : ils sont automatisés depuis les années quatre-vingt-dix et inaccessibles. On les voit depuis la côte, depuis un bateau, ou depuis les îles.

Ceux qui se visitent

Une poignée de phares à terre ouvrent leur escalier au public, en saison et par beau temps. Ce sont des tours de deux à trois cents marches, sans ascenseur, et le vent décide : une visite peut fermer dans l’heure.

Les phares du catalogue

Horaires et conditions de visite changent d’une saison à l’autre, et ferment par grand vent : à vérifier le jour même auprès du phare ou de l’office de tourisme.

Comment lire un phare

Chaque phare a sa signature lumineuse, qui permet de l’identifier de nuit sans carte : un éclat toutes les cinq secondes, deux éclats groupés toutes les dix, un feu fixe. C’est écrit sur les cartes marines, et cela s’observe depuis la côte à la tombée du jour.

Où les voir depuis la terre

Des points de vue sur la mer d’Iroise et ailleurs

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