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Patrimoine

Les châteaux de Bretagne

Forteresses des ducs, places fortes de frontière et manoirs : lesquels visiter, et ce qu’ils racontent d’un duché indépendant.

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Les châteaux bretons ne ressemblent pas à ceux de la Loire, et c’est une affaire d’histoire : la Bretagne fut un duché indépendant jusqu’en 1532, entouré d’un voisin plus puissant qu’elle. Ses châteaux sont donc des forteresses avant d’être des demeures, bâties en granit, trapues, et souvent posées sur une frontière ou une côte.

La ligne de défense la plus visible court le long de la Vilaine et du pays de Rennes : Fougères, Vitré, Châteaubriant surveillaient la marche entre Bretagne et France. À l’ouest, ce sont les côtes qu’il fallait tenir, contre les Anglais puis contre tout le monde.

Les forteresses de la marche

Fougères est la plus impressionnante : treize tours sur deux hectares, cernées par le Nançon, et la plus grande forteresse médiévale d’Europe dans cet état de conservation. Les tours racontent trois époques : les plus anciennes sont carrées, les suivantes rondes, les dernières en fer à cheval. Elle se visite en deux heures, chemin de ronde compris, et on la voit d’en haut depuis le jardin public, ce qui vaut le détour à soi seul.

Vitré, à trente kilomètres, est mieux conservée dans sa ville : le château se dresse au bout d’une rue entière de maisons à pans de bois, ce qui donne l’un des ensembles médiévaux les plus complets de Bretagne.

Les châteaux de la côte

Le fort la Latte, près du cap Fréhel, est posé sur son propre rocher, séparé de la terre par une faille qu’on franchit sur un pont-levis. Suscinio, en presqu’île de Rhuys, était la résidence d’été des ducs, les pieds dans les marais. Le château de Saint-Malo, lui, abrite aujourd’hui la mairie et un musée.

Les châteaux du catalogue

Horaires et tarifs changent selon la saison, et beaucoup ferment de novembre à mars : à vérifier avant de se déplacer.

Ce qu’il faut savoir avant de visiter

Le patrimoine autour

Un château ne se visite jamais seul : il a une ville autour, et c’est souvent elle qui vaut le déplacement. Les enclos paroissiaux du Finistère, les cités médiévales de Dinan et de Guérande, les manoirs du Trégor complètent ce que les forteresses racontent.

Patrimoine et villages de caractère

1532, la date qui explique tout

Le traité d’union de 1532 rattache le duché au royaume de France, en échange du maintien de ses privilèges : ses États, son Parlement, et l’exemption de la gabelle, l’impôt sur le sel, qui explique encore aujourd’hui le beurre salé. Les forteresses perdent alors leur raison d’être militaire, et beaucoup sont démantelées ou laissées en ruine, ce qui est la forme sous laquelle on en visite la moitié.

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