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Manger en Bretagne

La différence entre crêpe et galette, où trouver les huîtres, et les tables qui valent le détour, du bistrot à l’étoilé.

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Première chose à savoir, parce qu’elle vaut une bévue à chaque touriste : en Bretagne, la galette est salée et se fait au sarrasin, la crêpe est sucrée et se fait au froment. Le sarrasin n’est pas une céréale mais une polygonacée, cousine de l’oseille, qui pousse sur les sols pauvres et acides de la région, d’où son surnom de « blé noir ».

Deuxième chose : la galette se mange avec du cidre, servi dans un bol et non dans un verre. Ce n’est pas du folklore, c’est l’usage, et une crêperie qui vous donne un verre n’est pas forcément mauvaise, mais elle ne fait pas comme les autres.

Les produits de la mer

La Bretagne produit la majeure partie des huîtres françaises, et chaque baie a son goût : Cancale est iodée et charnue, Riec-sur-Bélon donne la plate, ronde et au goût de noisette, la rade de Brest et le golfe du Morbihan ont chacune la leur. Une huître se mange toute l’année, malgré la règle des mois en « r » : elle est simplement laiteuse en été, quand elle se reproduit.

Le homard bleu, le tourteau, la coquille Saint-Jacques de la baie de Saint-Brieuc, pêchée de novembre à avril : ce sont les produits qui font la réputation des tables bretonnes, et ils se trouvent aussi bien sur un marché que chez un étoilé.

Les tables du guide

Le catalogue porte deux cent quarante-six restaurants, presque tous repérés par le guide MICHELIN : étoilés, Bib Gourmand ou simple sélection. Ce n’est pas la seule bonne cuisine de Bretagne, loin de là, mais c’est une sélection vérifiée par des gens dont c’est le métier.

Des tables en Bretagne nord

Des tables en Bretagne sud

Les tables notées se réservent, parfois des semaines à l’avance en saison. Les horaires et les jours de fermeture changent : à vérifier auprès du restaurant.

Les marchés

C’est là qu’on mange le mieux pour trois fois rien : un marché breton porte des huîtres ouvertes sur place, du poisson débarqué le matin, du beurre salé au kilo et des galettes-saucisses dans l’est du pays. Trois cent une communes en tiennent un, presque toujours le matin.

Des marchés à parcourir

Ce qu’il faut goûter une fois

  • Le kouign-amann, né à Douarnenez vers 1860 sous les mains du boulanger Yves-René Scordia, à court de gâteaux un jour d’affluence : pâte à pain, beurre et sucre, pliés en feuilletage. Son nom dit la recette, « gâteau au beurre ».
  • Le far breton, avec ou sans pruneaux, selon la chapelle à laquelle on appartient.
  • La galette-saucisse, dans l’est : une saucisse grillée roulée dans une galette froide, qui se mange debout au marché ou au stade.
  • Le beurre salé, qui tient à un privilège fiscal : la Bretagne, duché indépendant puis province négociant son rattachement en 1532, a été exemptée de la gabelle, l’impôt sur le sel. Le reste du royaume est passé au beurre doux, devenu moins cher ; ici le sel est resté abondant, et le beurre salé avec.
  • Le cidre, qu’on boit brut plutôt que doux quand on accompagne une galette.

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